Mother’s therapy


 

 

 


 

Mother’s therapy 

2016-2019

Le terme psychédélique, de l’anglais psychedelic (« qui révèle l’âme »), terme inventé en 1957 par le psychiatre H. Osmond signifie « manifestation de l’esprit », du Grec ancien « psihi » (esprit) et « delosi » (manifestation).

Les psychédéliques change la vision du monde qui nous entoure. Associant une photographie spirituelle, scientifique, à la limite du documentaire, avec des portraits quasi identitaires, je photographie de manière brute, simple et frontal, les humains et la nature. Je ne cherche pas à montrer un état modifié de conscience pour faire éprouver à celui qui le voit ce qu’implique un tel même moment quand il est « vécu ». Une vision trop appuyée ou avec trop d’association limite l’imagination du spectateur en créant un point de vue qui en réduit la profondeur. Les paysages de grottes et l’art rupestre peuvent être perçu de manière spirituelle et sacré ou vus comme de simples cavités avec un art dédié à la chasse.

Avec « Mother’s therapy » je tente de trouver une alternative aux traitements psychiatriques de ma mère bipolaires, à dominante dépressive. Ces médicaments ne font que bloquer son libre arbitre, ils contrôlent et inhibent son mental. Les psychédéliques permettent à l’inverse de révéler l’esprit, d’apercevoir d’autres possibilités. Je me suis tourné vers le savoir-faire des anciennes civilisations et cultures, toujours d’actualité dans certaines communautés, pour soigner l’esprit et traiter les maladies mentales de manière plus humaines et holistiques.

En première partie, je suggère l’hypothèse de l’utilisation des champignons psychédéliques à la préhistoire, focalisé sur la connexion et l’échange spirituel avec la nature, les esprits et les animaux. En seconde partie, je m’intéresse aux dernières recherches innovantes des scientifiques qui intègre cette médecine traditionnelle et donne de l’espoir aux personnes souffrant de dépression.

« …En vérité, une science est née, dont les racines plongent dans l’histoire même des religions et dans celle de la philosophie des populations primitives ; mais, d’autre part, vers l’avenir, les données ainsi amassées livrent déjà une source inédite aux préoccupations les plus avancées de la psychopathologie expérimentale et peut-être de la thérapeutique humaine. On mesure à la lecture d’un certain nombre des chapitres précédents ce que l’étude des champignons psilocybes hallucinogènes mexicains et du Strophaire américano asiatique peut apporter de nouveau à ces divers secteurs de la science et de la médecine, puisque les premiers essais réalisés à ce sujet n’éliminent pas, bien au contraire, l’espoir d’introduire en psychiatrie la psilocybine, extraite de ces champignons mexicains. Voilà ce qui explique la conjonction du passé et du présent. Voilà qui peut susciter l’humilité des chercheurs d’aujourd’hui et de demain : nous ne connaîtrons jamais quel fut le premier indien qui a su découvrir la propriété hallucinogène du psilocybe cueilli sur un tronc pourri ou dans la prairie marécageuse, pas plus que nous ne saurons jamais le nom de celui qui dessina le premier bison sur la voûte d’Altamira. » Roger HEIM, mycologue, professeur et directeur du Muséum National d’Histoire Naturelle (1958).